Le travail du sol et l'utilisation des engrais verts

L'expérience montre que dans les plantations où l'on travaille le sol, on assiste à un très bon développement des arbres. Selon la situation, on travaille toute la surface du sol, ou bien, les 1ères années, la ligne même des arbres, sur environ 3 m de largeur. Ensuite, quand la couronne de l'arbre atteint environ 2 m, on peut travailler l'interligne en implantant un engrais vert permanent que l'on fauche. L'herbe peut être utilisée pour mulcher l'arbre. Très souvent, les jeunes arbres implantés dans une prairie permanente végètent, sauf si l'on travaille une couronne suffisamment grande au pied de l'arbre, en apportant beaucoup de fumure et en fauchant l'herbe à proximité de façon à limiter la concurrence. Pratiquer alors un mulching très épais pour l'été.

Si l'on choisit de travailler le sol, on passe le cultivateur et/ou le disque ou le motoculteur de mai à juillet, toutes les 3 ou 4 semaines environ. Ces différents passages superficiels représentent un apport d'engrais atmosphérique et sont favorables au maintien de l'humidité du sol. A partir de fin août, on sème un engrais vert que l'on gyrobroyera au printemps, avant de reprendre le travail du sol. Un arbre en bonne santé durant la période de jeunesse doit faire des pousses annuelles de 70 à 80 cm environ (sauf la première année).

La fumure

La 1ère année, on apporte du compost (des fumiers trop riches en azote pourraient brûler les racines). On peut utiliser un peu de fumier pailleux que l'on ne mettra pas trop proche du pied de l'arbre. Pendant les années de jeunesse où l'on cherche à obtenir de la végétation, la fumure sera plus riche en azote que pour les années de fructification où l'on utilise de préférence du compost. Les poudres de roche peuvent aussi apporter des éléments précieux.

Les maladies et les traitements

Les arbres qui poussent dans une terre fertile et bien équilibrée sont évidemment moins sujets aux maladies. En traitement préventif, on peut utiliser du purin (ou de la tisane) d'ortie en pulvérisation sur le feuillage et en arrosage au pied de l'arbre, ainsi que le badigeon d'argile (argile, bouse de vache, prêle et petit lait) que l'on applique sur le tronc et les branches principales à l'automne).

Les parasites

En période de jeunesse, les pucerons et les chenilles sont les maux les plus courants.

Pour les pucerons: purin d'ortie (dilué) ou tisane. Intervenir tôt, pulvériser le soir. En cas de forte attaque, on peut utiliser du savon noir dilué en pulvérisation. Si l'invasion est relativement faible et que l'on note la présence de coccinelles, on n'interviendra pas et on observera l'évolution. Souvent, un équilibre s'installe (sur des variétés vigoureuses, cela se passe bien en général, les pucerons ne parviennent pas à déformer les jeunes pousses.)

Pour les chenilles et les hyponomeutes: si l'invasion est faible sur des jeunes arbres, les enlever à la main. Sinon, utiliser de la "bactospéine" (disponible en coopérative).

Les maladies

La cloque du pêcher: surtout les 1ères années, il peut être utile de faire 2 traitements à la bouillie bordelaise, l'un à l'automne à la chute des feuilles, l'autre en fin d'hiver au stade "boutons blancs", avant le départ de la végétation (éventuellement 2 à 10 jours d'intervalle). Dosage: 2,5 kg pour 100 l d'eau. Si malgré tout un peu de cloque apparaît, laissez faire, cela rentrera dans l'ordre en quelques semaines (les variétés que nous multiplions ont, pour la plupart, une bonne résistance à la cloque et ne nécessitent que le traitement de fin d'hiver). !! Ne jamais pulvériser de bouillie bordelaise sur le feuillage, elle est toxique pour le pêcher. Contre la cloque, vous pouvez aussi expérimenter les coquilles d'oeufs crus suspendus dans les arbres, l'ail ou autres plantes au pied des arbres.

L'oïdium: le pêcher, l'abricotier et certains pommiers y sont sensibles. Utiliser du soufre en poudre (traitement curatif).

Le monilia de l'abricotier: maladie la plus grave (rameaux se desséchant au printemps). Un 1er traitement au débourrement, dès que 20 % des boutons laissent apparaître le calice ( de couleur rouge vineux, stade C) avec de la bouillie bordelaise à % (1,5 kg/hl). Un second traitement avec le même produit, lorsque les boutons rouges laissent voir le blanc des pétales (stade D et E). Enlever et brûler les branches atteintes et les fruits desséchés qui restent sur l'arbre en hiver.

Le chancre: traitement au cuivre (1,5 kg/hl) pendant la chute des feuilles et au mois de décembre. Pour l'abricotier, il est important d'effectuer des tailles en vert, cela lui évitera des mutilations dégénérant rapidement en chancre, et cela lui permettra de le laisser s'épanouir le plus librement possible. Il est très sensible et la plupart de ses maladies proviennent d'un sol ou d'un climat trop humide.

La fructification

Éliminer de préférence toute fructification avant la 3ème année pour favoriser le développement de la charpente et éviter un vieillissement prématuré de l'arbre. Pour le pêcher, il est indispensable de pratiquer une taille de fructification chaque année si l'on veut lui assurer une longue vie (taille qui s'effectue en fin d'hiver, avant la floraison). Il est avantageux d'éclaircir les fruits: 1 tous les 12-15 cm. L'éclaircissage se pratique aussi sur certaines variétés de pommes.

Nous vous souhaitons une bonne plantation et beaucoup de plaisir avec vos arbres fruitiers!